François Bousquet: Je le répète souvent...
Je le répète souvent : la constante qui traverse mon livre sur le racisme antiblanc, c’est l’apprentissage précoce de la honte d’être Français et d’être Blanc.
Mais il est un autre fil rouge qui traverse les récits de victimes que j'ai recueillis : ce n’est pas seulement la violence, mais un au-delà de la violence, à savoir la volonté délibéré, affiché, de souiller, d’humilier, de mettre la « hagra », c’est-à-dire la honte. Non pas seulement insulter ou frapper, mais avilir.
L’insulte, la violence ne sont jamais gratuites, elles visent à rabaisser. On ne peut expliquer ce surcroît de haine antiblanche en recourant aux habituelles grilles de lecture misérabilistes et sociologisantes. Il faut convoquer la psychologie du ressentiment que Nietzsche et Dostoïevski ont disséquée.
Le ressentiment est la passion triste des âmes mal nées. Il est paradoxalement souvent plus fort chez les deuxièmes, troisièmes générations, l’antériorité de la présence en France ne faisant que le creuser au lieu de le résorber, en vertu d’une radicalisation des attitudes qui veut que les jeunes musulmans par exemple promeuvent une pratique de la charia plus rigoureuse que leurs aînés.
Le ressentiment affleure partout, dans le rapport à la France, à l’Europe, à l’Occident, au christianisme, aux femmes. Il repose sur le mécanisme de la comparaison désavantageuse. La conscience blessée, entre autres la conscience musulmane, se nourrit de cette comparaison.
Voir chez l’autre ce que l’on n’a pas, ce que l’on voudrait avoir, ce que l’on croit ne jamais pouvoir atteindre.
C’est la comparaison qui pousse à désirer ce que l’on déteste et à détester ce que l’on désire. On convoite l’Occident tout en méprisant ses mœurs ou sa nature profonde.
Tant que l’on refusera de regarder en face ce ressentiment, on s’exposera à le voir prospérer et empoisonner nos existences.
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