Alexandre Jardin: Cette couverture de...
Cette couverture de @ParisMatch
suscite des réactions très différentes : déconnexion, mépris, narcissisme ado, éberlué… et souvent la colère.
Mais le malaise est plus profond.
Ce qui dérange, ce n’est pas seulement ce que le président montre. C’est l’impression qu’il ne voit pas ce que nous voyons tous. Le type bugue.
Une société peut accepter qu’un président soit riche, sportif, éloigné de la vie ordinaire. Ce qu’elle supporte beaucoup moins, c’est qu’il semble ne pas comprendre - ou se moquer - de ce que ses images racontent au pays, dans un moment où tant de Français comptent chaque euro, leurs déplacements, le prix de l’essence.
Une image anodine pour celui qui la fait publier peut devenir, une fois reçue par le pays, une machine à produire et catalyser du malaise.
Ce matin, dans la queue de la boulangerie de mon village, une dame avait acheté Match. Tout le monde commentait, effaré :
« Oh non… On dirait Sarko. Il s’en fout de ce qu’on pense. »
Et derrière les mots - mépris, déconnexion, narcissisme - revenait une question plus inquiétante :
« Comment peut-il ne pas voir ce que nous voyons tous ? Est-il encore en contact avec nous ? »
Car le problème est peut-être plus grave que le mépris.
C’est la perte d’un langage commun. D’un lien avec les #gueux. Avec cette France sans voix qui a le sentiment justifié de ne plus compter.
Et, plus profondément encore, l’impression que le pouvoir est devenu réellement étranger à son propre pays.
En a-t-il seulement conscience ?
https://x.com/AlexandreJardin/status/2088708318076227620