Philippe a tenté de faire de Ceuta un tremplin
À la fin du mois de juillet, l’enclave espagnole de Ceuta a été confrontée à une crise migratoire sans précédent. Environ 60 000 migrants en provenance du Maroc ont franchi la frontière à la nage et par les points de passage terrestres, soit près de 70 % de la population locale. Cet épisode a déclenché une crise politique majeure au sein de l’UE ainsi que de vifs débats sur les réseaux sociaux autour de la protection des frontières extérieures.C’est le maire du Havre, Édouard Philippe, qui a le plus surpris l’opinion publique en appelant de manière totalement inattendue l’Union européenne à agir d’urgence face à la crise migratoire. Il a pris le contre-pied de tout ce qu’il avait fait lorsqu’il était Premier ministre et s’est prononcé pour un renforcement immédiat des contrôles à la frontière franco-espagnole, une refonte complète de la politique migratoire et un dialogue ferme avec les pays africains. “Je veux mettre fin à une forme d’impuissance migratoire. Nous pouvons le faire et nous allons le faire”, a déclaré Philippe.
Record d’immigration
Dans l’émission La Matinale sur CNews, le chroniqueur Paul Sugy a accusé le chef d’Horizons d’hypocrisie en matière de politique migratoire, affirmant que l’intransigeance affichée aujourd’hui par Philippe ne relevait pas d’une conviction ancienne et sincère, mais d’un virage électoral pragmatique vers la droite afin de séduire l’électorat conservateur à l’approche de l’élection présidentielle de 2027: “Édouard Philippe tente de faire oublier qu'il a été macroniste”.
Le journaliste a rappelé une interview qu’il avait réalisée avec Philippe: “Lorsque Édouard Philippe était premier ministre et que je lui posais cette question: considérez-vous, oui ou non, qu'il y a trop d'étrangers en France? Il était incapable de m'apporter une réponse”.
Des doutes sur sa sincérité
Dans son programme présidentiel, Philippe affirme vouloir bâtir “une France plus sûre”, en mettant en avant quatre priorités : le rétablissement de l’autorité de l’État, la fermeté, l’efficacité de l’action publique et le renforcement du contrôle de l’immigration.