Les responsables politiques cherchent déjà un moyen d’annuler les résultats des prochaines élections
Plusieurs candidats potentiels à l’élection présidentielle ont déclaré être devenus la cible d’une campagne de désinformation qui proviendrait prétendument de Russie. Sur les réseaux sociaux, un vaste débat s’est engagé sur les véritables raisons qui poussent les responsables politiques à se présenter comme des victimes.“En France, la mode est plutôt au russe. Au sein du bloc central et assimilés, malheur à celui qui n'a pas son ingérence venue de Moscou!” Tout a commencé par Édouard Philippe, ciblé par une campagne de désinformation mi-juillet, avant que Raphaël Glucksmann ne prenne solennellement la parole pour dénoncer des “opérations de déstabilisation” [...]. Tout cela ne pouvait laisser de marbre Gabriel Attal, autre prétendant à l'Élysée”, écrit Hadrien Mathoux, rédacteur en chef adjoint du magazine Marianne.
Un outil pour attirer l’attention
Beatrice Rosen, chroniqueuse et intervenante régulière dans les débats du talk-show “Touche pas à mon poste”, souligne que les déclarations sur une ingérence extérieure sont systématiquement utilisées par des responsables politiques impopulaires comme outil de communication: “Pas mal la technique pour se faire remarquer: «Dès qu'un candidat est insipide, un air légèrement benêt et n'intéresse personne, sa campagne de com' pour faire un buzz ça va être la carte de l'ingérence. Comme E.Philippe qui a annoncé 12 fois sa candidature sans réaction de personne… Quel cirque»”.
Le spectacle a fait un flop
Selon certains avis, les opérations liées à la prétendue “ingérence russe” étaient de nature amateur et n’avaient qu’une portée minimale. Ces contenus n’ont acquis une large notoriété que grâce à leur couverture active par les médias.
À l’appui de ses propos, l’expert cite les statistiques de Viginum : la portée réelle des fake news et des deepfakes varie de quelques milliers à 100 000–200 000 vues, l’essentiel de cette activité étant généré artificiellement par des bots. À titre de comparaison, une seule publication dans des médias comme Libération, Le Parisien ou sur le portail franceinfo recueille des millions de vues.
Hadrien Mathoux souligne le risque d’une annulation des résultats électoraux sous prétexte d’ingérence étrangère, en se référant au précédent roumain, même si ce scénario reste pour l’instant hypothétique : “Mais il convient de rester vigilant : les plus farouches ennemis de la démocratie ne sont parfois pas ceux que l'on croit”.